.gh-content a { color: red !important; }

Jinan Beyrouth, une ode aux souvenirs et à l'identité libanaise

Partager
Jinan Beyrouth, une ode aux souvenirs et à l'identité libanaise

Une idée qui émerge en cours, une envie de créer qui reste et des ateliers qui font naître le désir de développer. Comme Rome, Jinan Beyrouth ne s'est pas faite en un jour. Depuis deux ans, Jinan Jadayel développe ses bijoux à l'image du glamour arabe. Sa deuxième collection Zaffé - sortie - en octobre 2025 et lancée en avant-première lors de son mariage.

Les prémices de la marque sont nés sur les bancs de l'université en Angleterre. Un énoncé simple: créer un produit et une identité visuelle. Jinan décide de construire une marque qui honore la culture libanaise, une manière de porter et partager son héritage culturel avec les autres. Un peu hasardeux, ce premier exercice lui donne un avant goût de ce que pourrait être son identité visuelle de marque. Son vrai tremplin entre le projet et la mise en application est un atelier pour réaliser sa bague. Elle décide de faire la lettre Jeem de Jinan. Montrant avec fierté ce travail sur les réseaux sociaux, les premières commandes arrivent. "Je ne pouvais pas envoyer des bagues sans packaging, c'est lorsque j'ai eu mes premières commandes que mon identité visuelle a pris vie", nous explique-t-elle.


Un Jeem, puis un Alef, l'alphabet de Jinan Beyrouth s'est développé au fil des commandes. "Lorsque qu'un·e client·e me demande une nouvelle lettre pour son nom, je la développe et ensuite elle est disponible sur le site. La première collection s'est construite petit à petit, au fil des commandes personnalisées". Une évolution en douceur mais pleine de fierté.


Le rayonnement libanais ici et ailleurs

La langue arabe est mise en avant et sublimée. "Ce qui est magique, c'est que certaines personnes complimentent les bijoux avant même de comprendre que ce sont des lettres." Une manière d'imposer l'arabe dans la culture mainstream, de rappeler avec fierté les cultures libanaises. Jinan ne cesse de développer des produits à son rythme et guidée par les envies et les opportunités qui se présentent. Pour sa troisième collection à venir, elle se penche sur les chiffres. "Ce qui me tient à cœur, c'est de montrer que le Liban c'est aussi les souvenirs marquants, une nostalgie qu'on porte. Je veux que les gens ressentent ce que ça fait de grandir à Beyrouth."

La valorisation des cultures arabes et libanaises ne s'arrêtent pas uniquement au design. L'ensemble des produits de Jinan Beyrouth est produit dans la capitale par des artisan·nes, une manière de valoriser les savoirs faire locaux. Cette rencontre avec celles et ceux qui deviendront ses fournisseurs s'est faite un peu par hasard. "Pour ma thèse j'ai travaillé sur les manières de produire au Liban. Dans ce cadre-là j'ai rencontré beaucoup d'artisan·nes. Depuis le début, je travaille avec les mêmes personnes. Iels sont vraiment très talentueuses·x." Le nom de la marque reflète ce choix de lier sa créativité au savoir-faire libanais. Ces modèles sont pour la plupart produits dans le quartier arménien de la capitale, Bourj Hammoud.

Jinan Jadayel et son Jeem charm accroché à son sac. ©Nadia Vossen Saliba

Imaginer, créer et vendre au Liban


Un parcours entrepreneurial dont l'inspiration vient de son quotidien. Au Liban, lancer sa marque n'est pas une mince affaire. L'instabilité politique et économique rend compliqué le développement et la stabilité financière pour une jeune entreprise. "C'est un privilège de pouvoir faire ce que je fais, j'en suis consciente. Le marché libanais est très instable, quand tu as une entreprise comme la mienne tu n'as pas de garantie sur les ventes que tu vas faire. Il suffit qu'il se passe quelque chose, et les gens arrêtent d'acheter des bijoux parce qu'ils ont des dépenses plus essentielles à faire. En lançant son projet, sa marque il faut avoir conscience qu'il n'est pas possible d'espérer avoir le même salaire que dans le salariat."

Alors que le Liban subit des attaques israéliennes quotidiennes et que plus d'un million de Libanais·es sont déplacé·es dans le pays Jinan s’est associé à Aya, créatrice de la plateforme Archif, pour créer deux bijoux qui seront mis en vente aux profits de ceux-ci. C'est à Londres, que du 22 au 24 mai prochain, Aya organise une vente pour récolter 100 000$ aux profits d’associations. Pour apporter sa pierre à l'édifice, Jinan a créée deux colliers aux pendentifs cœur gravé respectivement de " تيتا " (Teta) et "جدّو" (Jeddo).

Ce parcours rempli de défis permet de vivre des émotions fortes dans tous les sens du terme. L'envie de continuer vient également de ces petites victoires, ces moments de joie partagés. "Les moments de rencontre sont vraiment très encourageant, j'ai adoré faire des pop-up notamment à Noël. En octobre dernier j'ai eu l’occasion de participer à We design Beirut. C'était génial. Une rencontre avec d'autres créateurs et designeurs, et une vitrine pour ma marque. C'était réellement inspirant."

Un projet passion né sur les bancs de l'école, devenu terrain de jeu pour la créativité et rempli d'épreuves. Créés pour transmettre des émotions, les petits emballages roses et leur contenu débarquent dans les boîtes à bijoux des Libanais·es et pas uniquement.


JINAN Beyrouth
JINAN Beyrouth